Ça va mieux en le disant !

Mauvaise humeur.
Ça arrive hein, même aux meilleurs.

Mais pas la mauvaise humeur qui vous fait bouder dans votre coin. Pas la mauvaise humeur qui vous fait râler sur le premier qui fera un faux-pas sous vos yeux.

A bien y réfléchir, ce n'est pas de la simple mauvaise humeur. C'est de la misanthropie.
Les gens m'énervent. Plus précisément, la bêtise humaine m'énerve.

Alors, comme il paraît que ça va mieux en le disant, voici ma déclaration de colère, voir de haine pour certains. Feuloir défouloir, faisons donc leur fête aux fieffés faquins qui nous pompent l'air.

Pourquoi, par le caleçon de Zeus, devenez-vous, chers congénères, aussi stupides qu'un mouton lorsque vous vous retrouvez en groupe ? Je sais, je sais, que les moutons me pardonnent cette offense. Mais, sincèrement... Prenons l'exemple du RER. Vous voyez arriver une rame sur-blindée de monde, au point qu'il en dégueule presque des gens par les fenêtres. Penseriez-vous à prendre le train suivant qui, par le string de Vénus, va passer dans 5 minutes ? NOOOON ! Il faut que vous vous preniez pour un pilier du XV de France qui doit foncer dans la mêlée ! Et vas-y que je te pousse, vas-y que j'écrase les gamins (ah, Darwin l'a dit hein, seuls les plus forts survivent). La vieille dame ? La femme enceinte ? Pfff, au diable, piétinons tout ce petit monde joyeusement ! C'est vrai quoi, on a déjà 20 minutes de retard pour aller au boulot, il est hors de question d'échanger cinq misérables minutes contre un peu de bon sens et de civisme.

Marchez-vous sur la gueule. Vous ne m'en voudrez pas si je vous regarde depuis le quai, avec à ma disposition plus de 10cm² et plus de trois neurones. Car à vous voir, navré, mais tout gentil que je sois, vous m'apparaissez clairement décérébrés.

Les zombies du RER.
Mon royaume pour un fusil à pompe.


Ah, et vous, usagers du métro ? Vous pensez valoir mieux ? Que nenni. Vous devez très certainement partager le même code génétique que les autres anesthésiés du cortex dans le RER. Alors, laissez-moi vous expliquer gentiment et tout doucement, pour que vous puissiez suivre le raisonnement, ce qu'un gamin de 5 ans a déjà compris tout seul : une rame arrive. Il y a des gens dedans (jusque là, rien de bien surprenant hein ?). Vous, vous êtes sur le quai et vous voulez... monter ! (je vois qu'il y en a qui suivent au fond). Alors, attention, accrochez vous au deux neurones que vous avez sauvegardé bon gré mal gré depuis toutes ces années, c'est là que ça devient scientifique ! Un petit principe physique : pour remplir un contenant déjà plein il faut le... le... vider, oui, c'est ça ! Bravo, vous avez gagné un pin's RATP. Et aussi le droit de vous écarter de ces foutus portes quand les gens veulent en DESCENDRE !!

'Comprenez le principe ? Ou y'a besoin d'un schéma ? C'est bon ? Alors suivant !


Allez, passons sur les inconnus du métro/RER. Intéressons nous à quelque chose de plus personnel.
Vous avez vu Fight Club ? Quand Edward Norton rencontre Brad Pitt dans l'avion, il lui demande s'il va être son « ami-voyage » ? Puisqu'il voyage tout le temps, et que tout est découpé en petites portions, savons, nourritures, boissons, serviettes, etc... il a remarqué qu'il en était de même avec les gens. On devient ami le temps d'un voyage puis on disparaît de la vie de l'autre à l'atterrissage.

Et bien sachez-le, l'université, ça marche pareil. Bon, les portions sont un peu plus longues qu'un voyage transatlantique, mais l'idée est là. Personnellement, j'appelle ça des amis-semestre.

Tout ceux qui sont allés à la fac doivent connaître ce phénomène. Pendant un semestre, vous sympathisez avec les gens qui partagent vos cours. Vous devenez super potes, copains comme cochons, vous allez boire des verres ensemble, faites des soirées, discutez des heures et blablabla. Mais, car il faut un mais pour justifier ma râlerie (pensez bien, vais pas m'arrêter en si bon chemin), vient un jour la triste guillotine de l'inter-semestre. Aaaah, bourreau moderne de l'amitié étudiante... Le coup est sans appel, net, et vous vous retrouvez dans des cours séparés de vos amis-de-toujours-du-premier-semestre. Qu'à cela ne tienne vous dites-vous ! Ce sont vos amis, pas besoin de se voir en cours pour garder contact !

Idiot. Tout simplement. Vous êtes un idiot. Et vous allez très vite remarquer qu'il devient petit à petit plus dur d'arriver à voir ces « amis », que vous allez avoir l'impression de les déranger quand vous les appelez (parce qu'ils n'appellent plus au passage) et qu'au final, ils s'évanouiront de votre vie, aussi facilement qu'une bougie est soufflée.

Des amis-semestres. Les vrais amis, vous pourrez les compter sur les doigts d'une main. Avec le temps, on devient plus sensible à ce phénomène, on le repère plus facilement, plus rapidement. Alors on hausse les épaules et on pense, comme un grand philosophe de mes amis se plait à le dire : « Je cherche pas d'amis. ». Si certains apparaissent quand on ne s'y attend pas, je ne vois pas par contre pourquoi on devrait courir après les autres.

Et c'est ainsi qu'on se retrouve parfois face à une personne, à discuter à bâtons rompus, à prendre plaisir à cette discussion, à apprécier cette personne... tout en sachant pertinemment que cette proximité, cette étrange amitié éphémère, disparaitra d'un claquement de doigts dès la fin des cours.

Suis-je un bouche-trou pour passer le temps entre deux cours ? Non... je ne pense pas. Il y a certainement quantité de gens plus intéressants que moi dans cette fac. Alors quoi ? Pourquoi ce lien si on ne veut pas qu'ils perdurent ? Ou, en tout cas, qu'on sait pertinemment qu'on ne fera rien pour le faire perdurer ?

Je me surprends parfois à me demander ce qui se passerait si, en regardant la personne dans les yeux, je demandais : « On serait amis s'il n'y avait pas la fac ? ». Serais-je conforté dans mon hypothèse pessimiste ? Ou au contraire, agréablement surpris d'avoir tort ?

L'épicurien que je suis se contente de hausser les épaules et de profiter de l'instant, en ayant connaissance qu'il s'évanouira bientôt. Il y aura au moins une personne pour ne pas se voiler la face à ce sujet.


Et à me relire, je constate que mon coup de gueule s'est mué en réflexion désabusée.
C'est aussi ça que je déteste chez les gens... On a beau être misanthrope et les trouver plus cons les uns que les autres, on finit par ne plus avoir la force de les engueuler.

On peut même plus râler tranquillement, c'est malheureux hein ?



« Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien ! ».
Desproges

7 Response to "Ça va mieux en le disant !"

  1. Yann Th says:
    08 mars, 2009 18:30

    Le coup de gueule reste ma discipline préférée... laisser un commentaire sur un coup de gueule a généralement peu de sens (mon message aura peu de sens!) en tout cas, je suis d'accord avec toi sur tellement de points.
    Sur ce, à bientôt (électroniquement parlant)

  2. un petit truc pelucheux et coloré laché dans ce grand monde gris says:
    16 mars, 2009 17:05

    1er texte lu sur ton blog. Verdict:
    J'aime bien!! Va falloir que je me tape tous les autres maintenant! C'est malin! Ah bravo!...
    (t'as vu je pousse un petit coup de gueule aussi! hahaha)


    et sinon pour les "amis de la fac", je suis tout à fait d'accord!
    J'ai décidé moi aussi de laisser tomber, je ne voyais pas pourquoi ce serait toujours à moi de les rappeler, d'essayer de garder contact. Alors tant pis....

    Lilly

  3. Joranne says:
    20 mars, 2009 14:53

    Moi j'aime mon chat. (-_-') ok ça n'a rien à voir...

  4. Paulyne says:
    13 avril, 2009 01:28

    C'est vrai que râler contre les chieurs n'avancera pas la vie. C'est un fait : l'Homme est stupide. Vous, moi, les autres. On y peut rien. C'est la vie.
    Je ne sais plus de qui vient cette citation : "nous naissons tous fous, quelques uns le demeurent..."
    L'idée est là... reste plus qu'à méditer dessus.

    Il est ridicule de vouloir changer l'Homme. Nous sommes tous différentes, c'est ce qui nous fait avancer.

    Passez une bonne soirée ou une bonne journée selon votre heure de lecture.

    Paulyne.

  5. bank =) Says:
    24 avril, 2009 14:40

    On en vient à comprendre Léautaud, hein ? :)

  6. Anonyme Says:
    18 décembre, 2009 02:02

    suffix orbison logs glare lhkh ipcc fowlers pronoun succinct celery physicsb
    masimundus semikonecolori

  7. Anais says:
    03 février, 2010 23:38

    Le personnel de la RATP te dit "Merci" ! Tiens, j'hésite même à l'envoyer à quelques ex-collègues tellement tes maths à deux neurones m'ont fait sourire :)

    Et pour le reste... Moi j'm'en fous, j'aime pô les gens !