La Dame

Est-elle donc si volage pour m'échapper encore ce soir ? Ma dame, ma douce, ma délicate qui m'échappe et me glisse entre les mains comme l'eau de pluie... Je l'attends parfois longtemps, assis au creux de mon songe, je l'attends encore et encore. Et quand je l'attends, elle ne vient pas. Alors je me contente de rêvasser à défaut de rêver, patiemment dans l'expectative de son arrivée.

Je chéris les souvenirs de ces moments passés, de ces tracés volontaires et de ces volutes endiablées. Doux moments en tête à tête, rien qu'à moi, rien qu'à toi, rien qu'à nous. Nous... Existe-t-il ce soir ? Es-tu encore là ? Pourrais-je un jour t'enlacer de nouveau ?


Soudain, elle est là. J'espère, mon cœur s'éveille. Je la vois, belle comme jamais aucun mot ne pourra la décrire, douce comme aucun vers n'a pu lui rendre hommage.

Je vibre, je tremble, je souris bêtement.
Elle est là, en face de moi. Je tends la main, prêt à prendre la sienne. Je vois sa main se lever dans un geste vers moi. Mais loin de s'arrêter dans ma direction, le bras continue de monter, je le vois s'élever au-dessus de sa tête puis passer derrière pour caresser un visage qui se tient dans son dos. Elle est lovée, dans le creux des bras d'un autre, un autre qui n'est pas moi.

Cœur se serre, cœur se perd. Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ?
Injuste...
Triste...

Jaloux...
Désabusé...

Ainsi, elle en a préféré un autre que moi, me laissant seul face au vide, affrontant en solitaire l'ombre blanche.


Seul, je pleure. Des larmes sans eau, une encre sans pigment.
Désert. Grains blancs à l'infini. Est-ce là le reflet du blanc de mes yeux ? Ou juste l'absence ? L'absence d'elle ?


Saule pleureur, sot, le pleureur, idiot du village de plumes qui comprend tardivement que cœur qui soupire, n'a que ce qu'il mérite.


Ce soir, elle m'abandonne, me quitte. Après tout, elle n'avait rien promis. Elle ne promet jamais. Elle n'est pas faite pour un seul homme. Je la regarde donc partir loin de moi. Loin des yeux, loin de la plume.


Et face à ma page blanche, dame Inspiration m'abandonne.
Mais tandis qu'elle disparaît dans une ombre, une dernière œillade, un murmure muet.

Défi ? Moquerie ?

Idiot que je suis...
Même absente, elle est présente.

Preuve en est que ce soir, ma page n'est pas restée blanche.

Pardonne moi ma tendre...
D'avoir jamais douté de toi.

2 Response to "La Dame"

  1. Yann Th says:
    22 janvier, 2009 03:54

    :) (un sourire vaut plus qu'un long discours)

    Yann/Ash

  2. Lison says:
    28 janvier, 2009 00:43

    Un seul mot: Ouha!
    Un qualificatif qui te va bien: Espece de fille :)
    Un autre qualificatif qui te va bien: Fleur bleue !!
    Un dernier qui te colle à la peau: Belle plume...