Liberté

Ambiance musicale


Le soleil brille haut dans le ciel sans nuages. La chaleur est écrasante et une brise peine à sêcher la sueur sur ton visage.

Un froissement d'ailes au loin, un corbeau s'envole dans l'air suffocant avec un croassement moqueur pour toi et tes semblables. Tu l'ignores et tu regardes le paysage. Les champs à perte de vue sont comme des nuages sur terre, tombés du ciel limpide qui s'en serait débarassé comme on retire une pelisse de laine quand il fait trop chaud...

Quelque part, à droite ou à gauche, tu ne peux le deviner, un marmonnement s'élève. Râle, soupir ? Le marmonnement se module et tu reconnais bientôt une mélodie... Un autre marmonnement s'élève bientôt, suivi par plusieurs autres, dont le tien. Sans t'en rendre compte, tu entonnes la mélopée, les lèvres serrées mais le coeur ouvert, les dents serrés mais l'âme ouverte au vent d'été. Le soleil t'écrase, la vie t'écrase, mais tu t'envoles tout de même.

Une femme chantonne désormais...

C'est un vent de sonorités qui souffle sur les nuages blancs dans lesquels toi et tes frères vous trouvez... Il caresse vos rêves, les enlace et les protège. C'est un écrin de soie qui se file autour de vos pensées jumelles...

Tu hoches la tête au rythme de la mélodie, tu fermes les yeux face au soleil qui t'éblouit... Et tu te laisses aller à rêver...


S'envoler sur les notes, comme le corbeau au noir croassement, quitter les nuages de la terre pour partir à la recherche des nuages du ciel, cachés derrière cet écran bleu... Ne plus être enfermé sur cette terre de chaînes et de sang, de larmes et de sueur. Avoir un nom. Etre.


Mais un claquement de fouet te cingle le dos et te fait rouvrir les yeux. Tu baisses le regard sans croiser celui du blanc sur son cheval. La mélopée s'est tue, elle reprendra à son départ, comme toujours et pour toujours.

Tu es noir, comme le corbeau.
Mais tes ailes ont été rognées.
Tu es noir en Alabama. Nous sommes en 1845.

Tu ne t'envolera pas. Tu mourras dans les nuages blancs de la terre, dans les champs de coton.


Pas de liberté. Juste de l'espoir.



Icy - 07/2007

Dhanyavad Sangee

6 Response to "Liberté"

  1. San' Says:
    16 juillet, 2007 14:42

    Prête-lui tes ailes-vairons-papillon ;-)

  2. Icy says:
    16 juillet, 2007 14:54

    *rougit*

    (Oui oui, je sais, j'ai pas le droit normalement :p)

  3. San' Says:
    16 juillet, 2007 16:41

    Tss tss, t'es pas censé être au taff là ? ^^ (dit-elle, la feignasse)

    Me wa kokoro no mado desu, lalala...

  4. Icy says:
    16 juillet, 2007 16:50

    Mais mais mais... j'y suis :p
    Ca me fait penser qu'il faudrait que je mette le blason de la Fédération des Gros Branleurs :)

    (On retient bien les cours de japonais, bien bien, je le note...)

  5. Absolut Says:
    14 août, 2007 22:34

    J'ai pu lire que les negro spirituals, en 1845, étaient souvent constituées de "blue-notes", des notes bleues...comme le ciel ?

    Un bleu d'azur, de plomb, un bleu roi, persan (perçant ?), ou un bleu pétrole, successeur du coton ?
    Est-ce encore un bleu-gris, sali par tant de violence ?

    La note, elle, traduit une émotion "particulière"... un demi-ton vers le grave... ça ne sera donc que tristesse et mélancolie, ou pudeur, sagesse...

    Qui sait ?

    J'ai beaucoup aimé en tout cas ;-)

  6. Tristanf says:
    26 août, 2007 04:28

    Bon, bin pour changer un peu je lis tes textes 3 plombes à la bourre (plus précisément j'ai pensé à repasser sur ton blog pasque j'ai ré attaqué d'arrache-pied le mien et ca m'a fait penser que des larmes de plumes se baladaient pas loin).

    Mais c'est avec gd plaisir que je constate que ta plume à conserver toute ses qualités depuis mon dernier passage :)
    Marrant, d'ailleurs, j'ai écrit quasiment sur le même thème.
    Bon, je remonte dans le temps pour voir tout ce que j'ai loupé maintenant ^^